Worsted, DK, Fingering… decryptage

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Toute cette réflexion m’est venue quand je racontais à une amie que mon cardigan tricoté en malabrigo worsted (merino) s’est mit à feutrer au bout de 3 portages, et que le cardigan d’une autre amie en MCN (merino, cachemire, nylon) de chez Madeline Tosh a été porté à outrance et n’a quasiment pas bougé, alors qu’ils contiennent tout les deux du mérino. Et pourtant, malabrigo est si dooouuuuuux comparé à d’autres laines aussi 100% merino ! Alors, petit décryptage !

Une laine se caractérise par plusieurs propriétés : sa composition (en quoi elle est faite), le nombre de brins, et son poids.

La composition

Le fait qu’un bout de tissu ou de laine soit composé de coton, d’alpaga ou de mérino va avoir plusieurs impacts :

  • la douceur (mais ce n’est pas lié uniquement au matériaux comme on le verra plus tard)
  • la tenue
  • la tolérance au frottement
  • la capacité à respirer
  • la capacité à se froisser
  • le « tombé »
  • la définition du point (tricot)
  • la perméabilité à l’eau (tissu)

L’art du textile consiste à mélanger avec sagesse plusieurs matériaux pour obtenir le meilleur d’eux. En tant que « snob » du tricot, on a tendance à dire par défaut qu’une laine qui contient des fibres synthétiques sera de moins bonne qualité qu’une laine « noble » (alpaga, cachemire, mouton, merino etc.)

Pour les chaussettes par exemple, on a tendance à dire qu’il faut minimum 15 à 20% de nylon pour qu’elles durent longtemps. Car une chaussette subit beaucoup de frottements. Donc dans le cas des chaussettes, le nylon c’est bien. Pourtant, Phildar contient plein d’acrylique et donc c’est doux, mais on m’a souvent dit que ça ne tient pas très bien. Quelle est la part de vérité ou de ressentit ? mystère !

Voici une liste de matières et de leurs propriétés « officielles » :

  • Laine : provient du mouton. Il existe plusieurs espères différentes, et donc il existe toutes sortes de laine. La laine est solide, durable, et est connue pour tenir chaud en hiver. Permet de respirer, a un bon pouvoir absorbant, est naturellement antibactérien, retarde les flammes, bio dégradable. A une forte élasticité naturelle.
  • Mohair : c’est une matière mousseuse, provenant de chèvres angora (à ne pas confondre avec les lapins angora). Sa douceur varie  en fonction de l’âge de la chèvre. Kid mohair provient de 1ere ou 2eme tonte de chèvres qui ont environ 6 mois. Très douce et fine. Alors que le mohair des adultes peut gratter horriblement. Même si le mohair tient très chaud, il peut être rapidement irritant et n’est donc pas idéal pour les vêtements portés à même la peau.
  • Cachemire : Provient des chèvres de la région de l’Hymalaya bien qu’à l’origine le nom vient de la région Kashmir en Inde. C’est une matière tellement douce qu’elle est très chère et luxueuse.  En général donc on la mélange à une autre matière plus abordable.
  • Alpaga : Provient d’un animal d’Amérique du sud qui ressemble au Lama. Cette matière semble luxueuse tout en restant abordable et on y fait donc référence comme étant le « cachemire du pauvre ». C’est une matière douce, souple et chaude.
  • Angora : Provient des lapins angora. Ultra doux, très léger, chaud et très mousseux. A une tendance énervante à faire des peluches. L’angora est magnanime : il cachera bien vos éventuelles erreurs de tricot mais n’est pas évident pour les débutants parce que le côté mousseux cache les mailles. C’est une matière chère.
  • Soie : provient de cocons des vers. Souple et léger, avec un effet brillant intense, mais très peu élastique.
  • Coton : provient de la fibre d’une plante. Léger et très absorbant. Se lave bien à la machine, parfait pour les bébés. N’est pas si étirable que ça,  et mettra en avant le moindre défaut du tricot.
  • Lin : provient des fibres d’une plante. Pas très flexible, mais plus solide que le coton, très frais à porter. Un choix très populaire pour les vêtements d’été. Se lave aussi à la machine et vieillit plutôt bien.
  • Acrylique : synthétique, provient d’un procédé chimique complexe. Très bas prix. Elle est caractérisée par un touché doux et soyeux, infeutrable, d’une grande légèreté, possède une stabilité aux plis et résiste aux ultraviolets.
  • Nylon : matière plastique. Sa résistance et surtout ses qualités frottantes en font un matériau de choix pour les petites pièces de frottement. Son faible pouvoir absorbant en fait un tissu qui sèche rapidement. La combustion s’accompagne d’une fusion en gouttelettes qui lui interdit, de fait, d’être utilisé pour les vêtements de travail.

Les brins

La plus part des laines sont constituées de plusieurs brins « twistés » ensemble. Mais il existe aussi des laines fabriquées selon un procédé de « chaine » ou de « cordon ». Le nombre de brin aura un impact sur la texture, la définition du point.

Mais l’apellation « ply » (qui veut dire brin en anglais) ne désigne pas du tout le nombre de brins mais le « poids » de la laine. Par exemple une laine « 2ply » peut être constituée de 1 ou 4 ou plus de brins.

Les laines avec un seul brin sont douces « spongieuses » mais feutrent pas mal, et n’ont pas un très beau tombé. (exemple : malabrigo worsted)

Avoir plus de brin donnera une meilleure définition du point, et donne un meilleur tombé.

Poids

Maintenant, pour expliquer le « poids » des laines, il existe plusieurs termes pour désigner la même chose :

  • Lace (1 ou 2 ply) : donnera un échantillon d’environ 8 mailles ou plus pour un pouce (1 inch). C’est une laine très fine, on a même encore plus fin (le nom : cobweb). Très utilisé pour la dentelle, les écharpes fines, les châles mais demande beaucoup de temps et de patience.
  • Fingering (4ply ou « sock » ou « épaisseur chaussettes ») : donnera un échantillon d’environ 7 à 8 mailles pour un pouce. Idéal pour les chaussettes, et pour les ouvrages de bébé.
  • Sport (5ply) : 6 à 6.5 mailles pour un pouce.
  • DK / Double knitting (8ply) : 5 à 5.5 mailles pour un pouce. Parfait pour les chapeaux, bonnets, etc.
  • Worsted (10ply) : 5 mailles environ pour un pouce.
  • Aran (ou heavy worsted) : 4.5 mailles pour un pouce.  Parfait pour les écharpes, bonnet, gants, bon gros pull entre autre. Se tricote très vite, parfait pour les débutants.
  • Bulky (ou Chunky, 12ply) : 3.5 à 4 mailles pour un pouce. Deux fois plus gros que l’Aran environ. Parfait pour les cadeaux de dernière minute. Un col ou une écharpe en bulky peut se faire en une soirée.
  • Super bulky (ou super chunky) : 3 mailles ou moins pour un pouce. Peut paraître étrange à tricoter tellement c’est gros mais ici on tricote un projet d’écharpe en quelques heures !

La frontière entre ces catégories est parfois floue, donc dans tous les cas mieux vaut se fier à l’échantillon.

Ah oui pour rappel : 4 pouces (4 inches) = environ 10 cm !

Si vous avez remarqué une grosse bêtise ou avez une expérience à partager sur une laine qui vieillit bien, mal, etc.. à vous le studio !

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Elise
ElisePartager la connaissance a toujours fait partie de ce qui me motive, m’anime, et ça, depuis les tout débuts d’internet. Plus j’échange, j’apprend et je transmet, plus je me sens épanouie. Et en plus, on rencontre plein de personnes géniales ! Je suis principalement en charge du site, d’un point de vue technique, design et maintenance donc si vous remarquez un bug, pensez à m’en parler ! Mon dada se centre sur la pédagogie autour des arts de la laine, la découverte de nouvelles techniques surprenantes, et la traduction de patrons anglais. J’espère pouvoir rencontrer encore plus de passionné(e)s, apprendre avec vous, et partager ma passion.

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27 commentaires sur "Worsted, DK, Fingering… decryptage"

  1. Bonjour,
    votre article est très intéressant !
    Je crois aussi que la torsion de la laine au moment du filage est très importante pour ses propriétés à feutrer ou non.

  2. Mam'zelle flo dit :

    Très chouette article :) ça aide pas mal pour les achats sur des sites anglophones!
    Pour info, les laines industrielles subissent souvent un traitement pour les empêcher de feutrer et les laines obtenues sont appelées superwash, peuvent se laver à la machine, mais généralement elles sont moins douce après traitement. (la malabrigo dont tu parles au début n’utilise pas cette méthode, d’où sa tendance à feutrer…)

  3. Vaness Addict dit :

    Oh c’est génial !!!!Je viens d’apprendre quelques petites choses!Par contre j’aimerai savoir ce qu’il en ai de la soie ,celle qui ne brille pas (que j’ai acheté en croyant que ce serait un beau fil brillant et doux).Merci ce webzine est super et hop dans mes liens!!! ;)

  4. peggy 5' dit :

    article très très interressant!
    merci

  5. Ysabeau dit :

    Ce qui serait bien c’est de donner le nombre de mailles par rapport à des unités en centimètre plutôt qu’en pouce et des indications de numéros d’aiguilles.
    Je n’ose demander une traduction des termes (qui existe pourtant…) en français.

    • Elise Elise dit :

      Hello,
      Je suis désolée, je n’ai pas compris ce que tu n’osais pas demander ? Si cela concerne le terme « ply » je l’avais expliqué et introduit dans le paragraphe « Les brins »

      Sinon je suis d’accord, à la place de « 1 pouce » j’aurais pu mettre 2,5 cm, bien vu :)

      Je voulais surtout aider à décrypter les laines anglo saxones, car sur les laines françaises, aucun doute, tout est clair :)

  6. Ysabeau dit :

    PS : ply en français se dit fils donc on parle depuis fort longtemps de laine 3 ou 4 fils. Et cette mention figure sur les pelotes. Mais cela ne veut pas dire grand chose une laine 3fils pouvant être plus épaisse qu’une laine 4fils.

  7. Sabine Thiébaud dit :

    Bonjour,

    Je crois que les indications de poids par pouce ou inch doivent correspondre au cm parce que super bulky (par exemple) 3 mailles sur 2,5 cm,ça va paraître très lâche.J’ai des références d’un magazine crochet américain.
    Sabine

  8. dominique dit :

    merci à Agnes de ‘ça swingue sur les aiguilles’ pour avoir parlé de ‘on the loop’.
    ces explications je les ai déjà cherché en vain et c est génial à toi de les avoir mises en ligne.
    merci beaucoup

  9. françoise d dit :

    merci beaucoup de vos belles initiatives .elles nous inscrivent dans la durée ( evolution de l’ouvrage avec l’usure du temps …c’est formidable !) c’est curieux ,de qualité,tres serieux et pedagogique dans la demarche. j’ai déja recommandé votre adresse et imagine sans difficultés que je vais souvent venir vous voir. ici nous avons des aiguilles et…un cerveau ! je peux reflechir apprendre et progresser …je fais le tour et je vois comment partager mes connaissances car sans echanges c’est plus du jeu !!! bravo et merci .

  10. Chantal73 dit :

    Merci pour ces explications que j’ai lu attentivement et hop en favoris. Continuez à nous informer MERCI

  11. scohier christine dit :

    C’st super bien fait!
    Félicitations pour tes tuto…….enfin facile d’expliquer à mespetites filles.
    Chez moi aussi HOP DSLES FAVORIS

  12. zigoudi dit :

    rhoooo il est génial cet article…
    merciiiiiiiiiiiii

  13. Danidan dit :

    Bonjour!
    Merci pour ce site assez super et instructif!
    Je me permet de rajouter quelques infos (j’ai trouvé un bouquin sur la « technologie des textiles » dans ma bibliothèque de quartier).
    Le cachemire est doux, mais sa rareté est due surtout au fait qu’on peigne l’animal, au printemps, pour récupérer ses poils (le duvet même), soit une récolte de 100 à 150g (ou moins) par an. Un alpaga (de poids à peu près égal) fournit 2 à 3 kg de poils à l’année.
    Et un mouton, tondu lui, fournit entre 2 et 8kg de laine.
    Et on peut aussi lister le poil de chameau dans les matières.
    Merci pour votre travail!

  14. lauren dit :

    Super cet article, justement je souhaite commander de la laine outre atlantique et il m’aide parfaitement!
    Merci d’exister, j’apprends plein de choses sur votre site de façon très intuitive, j’adore!

  15. martine MUGNIER dit :

    Bonjour,
    J’ai repéré sur vos bons conseils le petit pull scarpetta que je tenterais bien comme première expérience de tricot en anglais (non traduit) Je me suis mis en tête de le faire avec des écheveaux de tosh merino light qui attendent dans mon panier.
    Mais …normalement le pull est prévu pour du 2 ply. Est ce que c’est une très grosse bêtise de persister dans cette idée à votre avis ?
    Merci pour votre site qui ouvre plein de portes et pousse à l’envie de découvrir encore plus, tout en s’amusant !

    • Caroline Caroline dit :

      A mon avis le scarpetta peut très bien se tricoter en Tosh Merino Light. Mais il faudra peut-être adapter le nombre de mailles. J’avoue que les constructions des modèles de Kirsten Johnstone sont toujours étonnantes (elle est architecte et ça se sent) et cela peut compliquer l’adaptation si vous le tricotez pour la première fois. Moi je le tenterai, peut être en suivant les notes de cette personne qui est en train de le tricoter avec du Cassiopea Single, une laine assez proche de la Tosh Merino Light.

  16. Elana dit :

    Bravo et merci pour ces explications et précisions!
    Une question qui peut être une idée d’article: quelles sont les différences entre les laines Madelinetosh (je ne les connais pas ) et Malabrigo, toutes les deux étant parfois utilisées pour le même modèle?

    • Elise Elise dit :

      Je pense que les différences sont assez nombreuses :
      - le prix : tout le monde ne peut pas se permettre d’acheter de la madelinetosh
      - la base de la laine : madelinetosh et malabrigo n’utilisent pas les même bases. Madelinetosh a des bases en général à plusieurs brins, bien twistés. Malabrigo en fait aussi celà dit. Mais ils ont une gamme plus grande de laines à un seul brin (1ply)
      - madelinetosh a commencé par tenir une petite boutique sur etsy, avant de devenir la grande marque que l’on peut trouver facilement à présent. Malabrigo a un autre créneau : achter la laine à des fermes en Uruguay

      mis à part ces points différents, il est difficile de répondre, c’est un peu comme la différence entre fonty et plassard : plein et question de gouts :)

  17. Elana dit :

    Merci. Je pensais aussi aux différences d’aspect, douceur, tenue dans le temps, brillance etc…par rapport à Malabrigo sock et au type sock de Madelinetosh . Comment justifier le prix?

    • Elise Elise dit :

      je suppose qu’à l’époque ou madelinetosh était une vendeuse indépendante de laine dans son coin, elle pouvait justifier le prix par les petites quantités, l’artisanat à petite echelle, mais maintenant que c’est devenu une marque mondialement présente à grande échelle, je ne sais pas :) peut etre parcequ’il y a toujours une forte demande et que les americains en sont fou de cette marque ? va savoir :)

  18. Isabelle dit :

    Merci ! merci !
    J’ai appris beaucoup en lisant cet article ! Surtout sur les « ply ».
    Désormais je pourrai allez sur les sites anglophone sans ouvrir des yeux de grenouilles devant des termes pleins de mystère !

    Isabelle

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